Des Havrais qui déchirent #1 : Pénélope Virag

16684381_10154734605291311_42961968396316916_nCette année, Le Havre fête ses 500 ans et moi je fête mes 10 ans de vie au Havre. Je suis chaque jour un peu plus fascinée par ma ville, un peu plus heureuse d’y vivre et d’y élever ma fille. J’ai eu envie de vous parler du Havre à travers les Havrais. Des Havrais reconnus, des Havrais inconnus, des Havrais qui font bouger la ville, qui l’embellissent. Des Havrais qui me touchent. Des Havrais qui déchirent. Voici le premier portrait de cette, je l’espère, longue série !

Si vous vivez au Havre, vous avez forcément mordu une fois dans l’un des bagels de Pénélope, ou êtes sûrement passés devant la Colombe, le superbe restaurant qu’elle a ouvert en décembre dernier au cœur de l’espace Niemeyer. Entrepreneuse amoureuse de sa ville, maman de deux enfants de 9 et 3 ans, résolument hyperactive… Rencontre avec Pénélope Virag, 39 ans, havraise qui déchire !

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Après une enfance entre Paris et Boston, des études aux Etats-Unis, Pénélope débarque au Havre il y a une quinzaine d’années. « Je vivais à Deauville et j’ai trouvé un job chez Decathlon. Dans les premiers temps, ma vision du Havre se limitait à Montivilliers ! ». Au fil des mois et des rencontres, elle apprend à connaître la ville. « Je me suis demandé ce que c’était que cette ville… il faut dire qu’il y a 15 ans, ça faisait un peu ville fantôme américaine ! Mais j’ai tout de suite perçu un truc, senti le potentiel ».

Elle quitte le rayon équitation de Decathlon pour le monde du transport maritime. Elle passe par Bolloré, Géodis, ouvre l’antenne havraise de BDP, et on la retrouve 10 ans plus tard, face à un tournant. « C’était passionnant mais je savais que je ne ferais pas ça toute ma vie ». Parfois le cours des choses force à prendre des décisions. « Par exemple quand il t’arrive quelque chose de merveilleux, ou quelque chose d’horrible. À moi il est arrivé les deux en même temps. Je me suis dit que c’était le moment de changer ».

Pourquoi pas des bagels ?

Son conjoint, agent immobilier, lui fait visiter un immeuble dans le quartier de l’Eure. « Ce n’était même pas un immeuble, c’était… “une chose“ ! ». Mais il y a les briques, une âme. C’est là que l’idée vient. Pourquoi pas des bagels ? Pénélope monte le projet en six mois. « Peu de personnes y croyaient, mais comme aux Etats-Unis, je me suis dit « il faut bien faire un truc de sa vie ». Alors j’ai pris mes sous de côté, j’ai acheté l’immeuble et j’ai tout refait. Je pensais vendre mes trois sandwichs toute seule et puis dès le premier jour il y a eu du monde ». C’est la naissance d’All in Bagels. S’en suivent les livraisons, les commandes de plateaux repas, la transat Jacques Vabre, le LH Forum, le festival de cinéma de Deauville… Un incontestable succès !

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L’année dernière, la ville du Havre la contacte pour un projet compliqué à finaliser : un restaurant enterré, dont on ne pourra marquer le nom nulle part sur le bâtiment… « J’ai visité et j’ai trouvé ça canon. J’ai demandé à ma sœur, décoratrice d’intérieur, de vite monter dans un train pour venir voir. Cela faisait longtemps que je voulais qu’on fasse quelque chose toutes les deux, nous avons créé le concept ensemble ». Ce projet vous l’avez deviné, c’est La Colombe Niemeyer, restaurant à la fois chic et branché, bistronomique et familial, au beau milieu de l’espace Oscar Niemeyer.

À un moment il faut arrêter de vouloir être quelqu’un d’autre

« C’est un métier très difficile. Mais toutes ces expériences m’ont permis de mieux me positionner par rapport aux autres. Je porte moins de jugements, je suis plus cool ». Je demande à Pénélope quelle est sa philosophie de vie. Elle répond instinctivement « ne pas se mentir, être soi à chaque instant ». Elle confie « Moi j’ai un gros souci : je ne suis bien que dans la surdose de travail et d’activité. J’ai tout essayé, mais à un moment il faut arrêter de vouloir être quelqu’un d’autre. Alors je travaille trois fois plus que les autres, je dors quatre fois moins, mais tant pis, c’est comme ça ! ».

Dans son travail, Pénélope admet avoir un management très dur « avec un niveau d’exigences hyper important » mais vivre pour « faire grandir les gens ». Une main de velours dans un gant de fer ? « L’une des premières choses que j’ai voulues lorsque nous avons finalisé l’aménagement des nouveaux bureaux de BDP, c’était un bar. Pour se faire de bons afterworks ! ».

Aujourd’hui gérante de la Colombe et d’All in Bagels, vice-présidente Commerce de la CCI Seine-Estuaire, Pénélope a parfois des difficultés à jongler avec sa vie de maman. « Je ne suis pas très présente au quotidien, mais je sais mettre le paquet au moment où il faut ! Pour le reste, mon éducation est très stricte sur les valeurs, et en même temps très open ».

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On a eu la chance de pouvoir choisir ce qu’on voulait faire, par contre une fois qu’on avait choisi, on avait intérêt à être bons !

Si elle reconnaît avoir été élevée « avec une cuillère en argent dans la bouche », elle s’est toujours donné les moyens d’obtenir ce qu’elle voulait en travaillant dur. « Avec mon frère et ma sœur, on a eu la chance de pouvoir choisir ce qu’on voulait faire, par contre une fois qu’on avait choisi, on avait intérêt à être bons ! ». Elle se met à monter à cheval très jeune, c’est la passion familiale. « Au début c’était pour m’amuser, mais ayant été bercée dans la notion de compétition toute ma vie, je suis vite passée à l’étape supérieure. Ma mère voulait que nous soyons les meilleurs partout, que nous réussissions absolument. Bien que ce soient des notions qui font ce que je suis aujourd’hui, je ne veux surtout pas les transmettre à mes enfants ! ».

« Je suis très inquiète pour l’avenir, du monde qui se prépare pour eux. Quand j’étais petite, mes parents avaient acheté une maison aux Etats-Unis en se disant que s’il se passait quoi que ce soit en Europe, on y serait à l’abri. Ils étaient déjà dans cette démarche intellectuelle à l’époque… J’avoue qu’aujourd’hui j’en suis un peu au même point ». Et si les Etats-Unis ne représentent plus l’abri idéal, elle se plait à rêver d’une vie plus centrée sur ses valeurs, sur la nature et sa famille.

Un mélange de lucidité et d’optimisme, de rigueur et de créativité, la douceur de l’intraitable Pénélope se dessine chaque fois qu’elle sourit, la rendant définitivement attachante.

Que représente Le Havre pour toi ?

« Le renouveau ! »

Qu’est-ce qu’un havrais qui déchire ?

« Un havrais qui a compris sa ville »

Ton secret pour faire de chaque jour une fête ?

« Le brunch du dimanche matin ! Pour mes clients, parce que cela répond à ce que les gens veulent : de la bonne nourriture dans un bel endroit, avec leur famille. Et pour moi aussi, lorsque je prépare ce brunch à ma famille. On prend les couvertures, on vide le frigo et c’est parti ! ».

Les adresses de Pénélope

  • « S’il n’y avait qu’un endroit, ce serait La Galerne. J’aime me poser toute seule avec un bouquin au café de la librairie ».
  • « Le Musée Malraux. J’adore cet endroit, pour la sérénité qui s’y dégage. J’y retrouve les valeurs qu’on m’a inculquées dans du concret. Y voir passer les porte-conteneurs… Ça c’est vraiment Le Havre ! »
  • « La place basse du Centre Oscar Niemeyer la nuit, éclairée… Sinon je n’aurais pas fait tout ça ! »

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All in Bagels,  16 boulevard Amiral Mouchez ou dans la bibliothèque Niemeyer

La Colombe Niemeyer, 8 place Oscar Niemeyer

Pénélope a choisi le Tote bag « Maman qui déchire » motif flamingo !

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4 réflexions sur “Des Havrais qui déchirent #1 : Pénélope Virag

  1. Merci pour cette interview, j’attends les prochaines avec impatience ! Mon mari est du Havre (de Montivilliers plus précisément, et d’ailleurs lui aussi a bossé à Décathlon :D). Il a tourné la page sur ses années havraises, non pas qu’il y ait de mauvais souvenirs mais il ne se voit pas y vivre, bien qu’il trouve que la ville s’est améliorée dernièrement. Moi je la connais assez peu mais elle m’attire, je la découvre un peu plus à chaque fois ! Bonne continuation :-)

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